Le contexte de Controverses nucléaires & Le sacrifice

Le contexte

Dans " Controverses nucléaires ", l'ex directeur général de l'Organisation Mondiale de la Santé, Hiroshi Nakajima, révèle pour la première fois publiquement qu'il a été empêché par l'AIEA de publier les actes de la Conférence internationale qu'il a organisée à Genève, en 1995, sur les conséquences médicales de la catastrophe de Tchernobyl, au cours de laquelle de vifs contrastes ont éclaté entre les scientifiques des trois pays contaminés et les experts des agences de l'ONU. Sous la contrainte de l'accord de 1959 aucune recherche scientifique sérieuse n'est entreprise par l'OMS sur la corrélation entre la radioactivité et les pathologies nouvelles de Tchernobyl, sous le prétexte que les doses reçues par les personnes exposées seraient "trop faibles". Elle est même entravée puisque le Professeur Bandajevsky, qui a consacré les recherches de son Institut à cette corrélation, s'est trouvé en prison. (www.http//tchernobyl.verites.free.fr) Aucune aide économique prophylactique et sanitaire sérieuse n'est apportée ni aux liquidateurs ni aux millions de personnes, qui vivent dans les territoires contaminés, en proie à une épidémie multiforme, qui croît d'année en année. Sur la base de quelle logique? Comment est-ce scientifiquement justifiable ?

Un des piliers principaux sur lesquels repose cette stratégie de l'ignorance est l’évaluation des effets de la radiation (et du calcul des risques de maladies) fondée sur les données des conséquences du bombardement atomique de Hiroshima et Nagasaki.

Le tour de passe-passe "scientifique" consiste à utiliser l'expérience de Hiroshima pour expliquer Tchernobyl. Il est erroné de comparer ces deux désastres, car il n'y a pas eu d'explosion atomique à Tchernobyl. Tchernobyl a connu deux explosions thermiques séparées par un intervalle de quelques secondes et un incendie qui a duré 10 jours. Aujourd’hui le fond radioactif autour de la centrale est faible. Mais d'énormes quantités d’éléments radioactifs artificiels ont été éjectés lors de l’explosion thermique et dispersés à de grandes distances au gré des vents et des pluies. Certains ne disparaîtront qu’au bout de plusieurs siècles : le césium137 et le strontium90 en 300 ans, le plutonium239 en 241.000 ans. Ces éléments contaminent l’environnement, les plantes, les animaux et les êtres humains. Ils ont détruit la santé et la vie de centaines de milliers de jeunes liquidateurs qui ont ingéré et inhalé les particules radioactives en travaillant autour de la centrale, et ils contamineront les générations futures, les descendants des habitants de plus en plus malades à force de consommer ces radionucléides depuis 20 ans dans les aliments qu'ils cultivent. La nature de cet évènement n’est pas comparable à celle des deux villes japonaises.

 

Pour comprendre la différence avec Hiroshima il faut connaître les paramètres régnant dans les explosions atomiques. Il existe plusieurs types d'explosion selon l'altitude:

1. explosion souterraine ;

2. explosion sur la surface du sol (la plus polluante donnant le maximum de retombées radioactives ou " fallout ") ;

3. explosion aérienne basse (entre le sol et l'altitude égale au rayon de la boule de feu) donnant du fallout local ;

4. explosion aérienne moyenne (cas de Hiroshima, à 600 mètres) en altitude supérieure au rayon de la boule de feu. Peu de fallout local ;

5. explosion à haute altitude, bien au-delà du rayon de la boule de feu. Uniquement fallout mondial.

Il faut savoir en outre que dans une explosion atomique la température peut monter à 100 millions de degrés centigrades, soit beaucoup plus que dans le soleil, dont la surface a une température d'environ six mille degrés. Cela a comme conséquence qu'une explosion atomique à altitude moyenne (Hiroshima) forme immédiatement une sorte de "cheminée de feu" avec évacuation vertigineuse - deux fois la vitesse du son - de la plus grande partie des éléments radioactifs vers la stratosphère, et leur dispersion à partir du "champignon" sur le reste du globe terrestre avec retombées verticales minimes sur le site, si on les compare à Tchernobyl.

Au Japon les Américains ont fait seulement la moitié du travail scientifique nécessaire pour connaître toutes les conséquences de l'explosion. Ils ont laissé passer 5 ans avant d'aller reconstruire les doses reçues par les cohortes de survivants de Hiroshima et de Nagasaki dans la minute de l'explosion. Ils ne se sont pas souciés de ce qui s'est passé dans les heures et les jours suivants, ni du sort des populations qui ont subi les retombées globales, dites " faibles ", au loin. C'est ainsi que le "modèle de Hiroshima" a été établi et circonscrit. C'est le seul qui existe officiellement pour reconnaître les pathologies causées par la radioactivité. Il ne considère que le flash de rayons gamma, suivi, une fraction de seconde plus tard, d'une chaleur intense et d'un souffle violent, qui n'ont rien de nucléaire.


Ainsi, Hiroshima et Tchernobyl ne sont pas comparables. Dans le premier cas il s'agit d'une très forte exposition externe au flash de rayons gamma, dans le second, d'une contamination à faibles doses incorporées dans l'organisme par ingestion et par inhalation de radionucléides et de particules chaudes (rayons alpha, bêta, gamma). Mais officiellement, le second cas n'existe pas pour la "science". Hors des paramètres du "dogme Hiroshima", pour le consortium atomique mondial, qui réunit Pentagone, Conseil de Sécurité, AIEA, UNSCEAR, CEA, OMS, aucune corrélation n'a été observée entre pathologies et radioactivité: ni à la périphérie des deux villes japonaises pulvérisées, ni aux îles Bikini, ni à Tchernobyl, ni en Yougoslavie-Afghanistan-Irak bombardés par l'uranium " appauvri ", ni évidemment sur toute la planète, suite aux centaines des tests d'armes nucléaires par explosions dans l'atmosphère. La corrélation n'a pas été observée, car elle n'a pas été cherchée. La science, si elle a étudié en secret (défense) les conséquences de ces calamités sur la santé et sur l'environnement, ne semble pas encore intentionnée, dans ses institutions officielles, à en faire bénéficier les populations de la planète. Pour les experts détenteurs du "savoir légitime" seules les doses très élevées du flash gamma sont pathogènes. A

Tchernobyl, selon leur narration, la corrélation ne peut pas exister à priori, car les doses sont trop faibles.

 

 

Dans « Le Sacrifice », les scientifiques soviétiques calculaient que, si l’incendie de Tchernobyl n’était pas éteint pour le 8 mai, le combustible nucléaire en fusion aurait percé la dalle de béton sous-jacente, serait précipité dans le bassin de refroidissement et aurait amorcé une explosion atomique vingt à cinquante fois supérieure à celle de Hiroshima. L'Europe aurait été inhabitable. Le 6 mai l'incendie était maîtrisé grâce au sacrifice extrême des liquidateurs. Mais ils ont été mal récompensés: la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie les ont abandonnés à eux-mêmes. L'Occident les ignore.