Le mot de l'éditeur d'Etre eco-citoyen
Le mot de l'éditeur
Contrairement à la plupart des autres films édités sous notre label Alerte-Verte, « Être éco-citoyens » n'est pas un documentaire qui dénonce un scandale, une injustice ou des pollutions terribles. Non, ce film est positif: il montre des solutions, propose des petits gestes qui sont à notre portée, à nous tous, et c'est cet encouragement à agir que j'ai immédiatement apprécié dans ce film.
Réalisé avec peu de moyens, « Être éco-citoyens » est un film qui nous parle. Les sujets nous concernent tous, qu'il s'agisse des déchets que l'on trouve dans la nature, du recyclage ou de notre alimentation. Et l'on se rend compte que, chacun à notre niveau, nous sommes déjà tous plus ou moins éco-citoyens – mais aussi que nous pourrions probablement tous faire mieux.
En effet, en attendant que des lois finissent par tout imposer ou tout interdire (ce qu'elles font de toute manière toujours trop tard), nous pouvons déjà nous éduquer, nous responsabiliser et en parler autour de nous, par exemple nous engager dans des petits groupes pour nettoyer une grotte, une rivière ou un bout de forêt.
Et il est permet d'avoir un peu d'espoir: s'il semblait normal, il y a 40 ou 50 ans, de jeter des gros déchets métalliques au fond d'une grotte, aujourd'hui cela choque, car les mentalités ont évolué. En Suisse, 81% des bouteilles en PET sont recyclées – ce n'est donc plus seulement le fait d'une minorité d'écolos. Le bio a le vent en poupe: de plus en plus d'agriculteurs se convertissent, le public veut savoir ce qu'il mange, par exemple la résistance aux OGM est forte. Tout cela, c'est de l'éco-citoyenneté.
Mais un point me semble particulièrement important dans le film, c'est le discours du paysan de l'AMAP, qui explique que c'est le consommateur a le pouvoir. Oui, c'est vrai. Peut-être pas LE consommateur, mais LES consommateurs. Pour cela, il faut d'abord être informé de que l'on achète, d'où cela provient, dans quelles conditions cela a été produits, avec quelles matières. Puis, il faut faire un choix et encourager votre entourage à faire de même. Il est illusoire de demander plus d'éthique (j'inclus l'écologie dans l'éthique) aux distributeurs si le consommateur lui-même ne montre pas une certaine éthique également, car le distributeur ne montrera pas de bonne volonté en ce sens s'il n'a pas l'impression que ce sera payant. Le capitalisme règne, l'éthique doit être rentable, elle aussi. Si le commerçant ne s'y retrouve pas en terme d'image (donc de chiffre d'affaires), il ne fera rien. Mais c'est le seul vrai moyen de faire changer les choses.
En Suisse, les deux principaux distributeurs font la course au plus « vert ». C'est bien sûr une bataille commerciale, mais finalement le consommateur et l'environnement sont gagnants: les deux concurrents se battent pour avoir les meilleurs labels, le plus gros pourcentage de produits bio et équitables dans ses assortiments, limite ses émissions CO2, soutiennent nombre de projets, cela parce que ces arguments pèsent à présent autant que le prix ou la qualité dans la décision d'achat d'une part très importante de consommateurs.
Évidemment, s'il est possible de faire partie d'un réseau de type AMAP, c'est encore bien mieux: on évite ainsi les distributeurs et leurs marges, et on est certain de la provenance de ce que l'on mange. Mais cela n'est pas toujours possible, et certainement pas pour tous les biens que nous consommons. Dans ces cas-là, l'éthique lors de l'achat est un geste éco-citoyen primordial!
Le film de Christoph Joly nous encourage donc à nous poser ce genre de questions, au quotidien, et à prendre conscience de l'impact que nous avons tous sur notre environnement. Avec le nombre, nous pouvons faire bouger les choses.
