| Le mot de l'éditeur |
|
|
|
« Cet étonnant film tchèque m’a plu immédiatement : le sujet est peu connu mais très intéressant, le ton du film est à la fois cynique et sérieux, et surtout la situation de l’Azerbaïdjan et son rapport avec le pétrole méritait toute notre attention. Ces images éloquentes de censure, de magouilles et de désespoir des pauvres gens qui extraient le pétrole que nous mettons dans nos voitures font réfléchir, tout comme les images d’archives ahurissantes de l’époque stalinienne. Les conditions dans lesquelles ce film a été tourné sont également remarquables : une grande partie des images sont des images « volées », et la petite équipe a effectivement passé quelques jours dans les prisons azerbaïdjanaises. Source montre l’impact de l’argent sur un pays qui en manque cruellement : on y trouve une corruption énorme à tous les niveaux, une compagnie pétrolière soucieuse avant tout de sauver les apparences et une population misérable qui vit dans des conditions économiques et écologiques inacceptables ! Mais le principal problème est énoncé à la fin du film : sur les 28 pays producteurs de pétroles, seuls 10 sont démocratiques et plus ou moins respectueux des Droits de l’Homme (j’aimerais d’ailleurs beaucoup voir quels pays sont comptés parmi les 10 !). Cela signifie aussi, une fois de plus, que « pétrole » ne rime pas du tout avec « liberté », bien au contraire : la manne qui en découle aide les dictateurs à se maintenir au pouvoir ! Que peut-on faire ? Il est hélas difficile de savoir d’où provient l’essence ou le mazout que l’on peut acheter dans nos régions, et c’est dommage : le boycott est une arme particulièrement redoutable avec ce genre de produits parfaitement standardisés. Une solution serait d’exiger des gros groupes pétroliers qu’ils indiquent l’origine du carburant qu’ils vendent, ce qui rendrait beaucoup utile une sensibilisation des consommateurs. L’autre solution, qui est bien meilleure pour une multitude de raisons, est de réduire au strict minimum sa consommation de produits pétroliers !» |


